Travail de titan pour Georges Chelon qui en 2004 met en musique les Fleurs du mal de Baudelaire.
![]() | Les amoureux fervents et les savants austères Aiment également, dans leur mûre saison, Les chats puissants et doux, orgueil de la maison, Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires. | Les chats (Baudelaire) | |
![]() | Ma pauvre muse, hélas ! qu'as-tu donc ce matin ? Tes yeux creux sont peuplés de visions nocturnes, Et je vois tour à tour réfléchis sur ton teint La folie et l'horreur, froides et taciturnes. | La muse malade (Baudelaire) | |
![]() | Et c'est depuis ce temps que, pareil aux prophètes, J'aime si tendrement le désert et la mer; Que je ris dans les deuils et pleure dans les fêtes, Et trouve un goût suave au vin le plus amer; Que je prends très souvent les faits pour des mensonges Et que, les yeux au ciel, je tombe dans des trous. Mais la voix me console et dit: «Garde tes songes: Les sages n'en ont pas d'aussi beaux que les fous !» | la voix (Baudelaire) | |
![]() | L'Emeute, tempêtant vainement à ma vitre, Ne fera pas lever mon front de mon pupitre Car je serai plongé dans cette volupté D'évoquer le Printemps avec ma volonté, De tirer un soleil de mon coeur, et de faire De mes pensers brûlants une tiède atmosphère. | Paysage (Baudelaire) | |
![]() | Bienheureux celui-là qui peut avec amour Saluer son coucher plus glorieux qu'un rêve ! Je me souviens ! J'ai vu tout, fleur, source, sillon, Se pâmer sous son oeil comme un coeur qui palpite - Courons vers l'horizon, il est tard, courons vite, Pour attraper au moins un oblique rayon ! | Le coucher de soleil romantique (Baudelaire) |





